Au fait, c'est quoi un savon ?

Procédé industriel

Le savon est le résultat d'une réaction chimique au cours de laquelle des corps gras sont mis en contact d'une solution basique, généralement de l'hydroxyde de potassium (KOH) ou de l'hydroxyde de soude (NaOH). C'est une réaction totale, c'est-à-dire que la réaction va se continuer jusqu'à ce que l'un des deux éléments ait été complètement transformé.
La saponification des corps gras produit de la glycérine et un mélange de carboxylates (de sodium ou de potassium) qui constituent le savon.

Les industriels fabriquent généralement les savons par le procédé de saponification à chaud. Les matières grasses, généralement bon marché et ne présentant pas grand intérêt pour la peau sont chauffées à haute température avec une grande quantité de soude, afin d'assurer la transformation complète des matières grasses en savon.

Le mélange est chauffé pendant plusieurs heures voire plusieurs jours. Puis la pâte à savon est rincée pour éliminer les résidus de soude, coulée dans un moule et laissée à sécher pendant 24h. Le savon est utilisable immédiatement après.

C'est une méthode rapide, permettant une fabrication massive. Mais elle est très gourmande en eau et en énergie. Le savon, de qualité médiocre, a un fort pouvoir lavant mais il est agressif pour la peau. De plus sont utilisés le plus souvent des huiles peu onéreuses et controversées comme l'huile de palme ou l'huile de coprah ou encore des corps gras d'origine animale.

Les savons du commerce sont majoritairement fabriqués selon cette méthode, y compris certains savons de Marseille (à base d'huile d'olive) et certains savons d'Alep (à base d'huile de laurier). 

Et la saponification à froid ?

La saponification à froid est un procédé de transformation des corps gras en savon à basse température (entre 35 et 50°C) en n'utilisant comme énergie que le pouvoir chauffant de la soude. Comme le savon n'est pas rincé, ce procédé est également peu gourmand en eau.

On ajoute à la préparation des huiles ou des beurres en quantité supérieure à ce que la soude va consommer. Ce surplus, qu'on appelle le surgraissage, va rester dans le savon sous sa forme originelle d'huile ou de beurre végétal et apporter ses bienfaits à la peau. La saponification à froid produit également un savon naturellement riche en glycérine qui possède un fort pouvoir lavant et des propriétés adoucissantes.
De plus, le fait d'opérer à basse température permet de conserver aux huiles toutes leurs propriétés pour la peau et donc d'utiliser des huiles riches et nobles, comme l'huile d'olive, l'huile de coco, l'huile d'avocat, de ricin ou de chanvre, toutes huiles utilisées dans les savons DOUXÉO.

Mais j'anticipe : avant de pouvoir profiter de tous ces bienfaits, du fait de la température basse, le savon doit "maturer", c'est-à-dire que la réaction chimique va continuer de se faire très lentement, pendant 4 à 6 semaines.
Comme le fromage ou le bon vin, le savon a besoin de cette période pour sécher et se bonifier.

J'espère que cela vous aura aidé à comprendre pourquoi un savon artisanal saponifié à froid n'a strictement rien à voir avec un savon industriel ! Même si ceux-ci se réclament naturels ou bio ou que sais je encore, ils ne sont ni éco-conçus, ni bons pour la peau. Ce qui permet aux industriels de vous vendre des laits ou des crèmes hydratantes en plus...